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Trousse de secours randonnée : légère, mais qui sert vraiment
En randonnée, chaque gramme se paie sur les épaules pendant huit heures. D'où deux erreurs symétriques : la trousse ridicule — trois pansements dans un sachet — et le kit « 200 pièces » à 800 g dont 180 ne serviront jamais. La bonne trousse pèse 150 à 300 g pour une sortie à la journée et couvre les cinq incidents qui font l'essentiel des soins sur le terrain : ampoules, entorse, coupure, piqûres, coup de chaud.
Le raisonnement : quatre incidents, un poids cible
Un objet mérite sa place s'il répond oui à l'une de ces trois questions : est-ce que je sais m'en servir ? l'incident est-il fréquent en randonnée ? son absence peut-elle transformer un problème en évacuation ? Tout le reste sort du sac. Répartition typique d'une trousse jour, poids indicatifs :
| Catégorie | Contenu | Poids indicatif |
|---|---|---|
| Ampoules | 4 hydrocolloïdes formats talon et orteil (Compeed, Urgo), 1 rouleau de sparadrap tissé étroit | ~25 g |
| Entorse et maintien | 1 bande cohésive 6 cm × 4 m, 1 attelle malléable type Sam Splint sur les longues sorties | ~40 g (+ 100 g avec l'attelle) |
| Coupures et plaies | 4 compresses stériles 7,5 × 7,5, 6 pansements adhésifs, 1 sachet de sutures adhésives, 1 pansement américain | ~45 g |
| Nettoyage | 4 dosettes de sérum physiologique, 4 unidoses d'antiseptique, 1 mini gel hydroalcoolique, 2 paires de gants | ~40 g |
| Piqûres et tiques | 1 tire-tique O'Tom (deux tailles), 1 pince à échardes, 1 crème apaisante en mini-tube | ~20 g |
| Chaleur, froid, brûlure | 1 couverture de survie, 1 compresse hydrogel (voir brûlure) | ~50 g |
| Divers vitaux | Sifflet, mini-lampe, 2 épingles de sûreté, sachet zip à déchets, carte des allergies et traitements | ~35 g |
Le contenant compte aussi : une pochette en tissu léger pèse 15 g quand une trousse rigide en pèse 120. Un sachet étanche évite qu'un orage transforme les compresses en éponge.
Ampoules : le premier motif de soin sur le terrain
L'ampoule est l'incident numéro un en randonnée, et le seul qui gâche vraiment une journée. Le geste décisif est précoce : dès qu'un point chaud apparaît, on s'arrête, on retire la chaussure, on sèche le pied et on colle un hydrocolloïde ou un morceau de sparadrap tissé. Cinq minutes d'arrêt évitent trois heures de boiterie. Si l'ampoule est déjà formée, le protocole complet (percer ou non, quel format selon la localisation) est dans pansement pour ampoule, et les modèles comparés dans notre sélection. Prévention : chaussettes techniques sans couture, chaussures rodées, laçage resserré en descente pour que le pied ne glisse pas vers l'avant, chaussettes changées à mi-parcours.
Entorse, coupure, piqûres : les gestes utiles
Entorse de cheville
Quatre gestes : arrêt de l'effort, froid si un torrent est accessible, compression par une bande cohésive posée en huit autour de la cheville, chaussure gardée serrée jusqu'à la voiture — la déchausser fait gonfler et rend la remise impossible. La bande cohésive (elle colle sur elle-même, pas sur la peau) est l'objet le plus polyvalent de la trousse : maintien d'une compresse, fixation d'une attelle, semelle décollée.
Coupure
Rincer abondamment — l'eau de la gourde vaut mieux que rien —, sécher le pourtour, rapprocher les berges avec des sutures adhésives si la coupure est nette, couvrir. Une plaie qui saigne franchement se comprime avec une compresse et la paume, 10 minutes sans regarder. Voir soigner une coupure.
Tiques et piqûres
Une tique se retire au tire-tique, en la faisant tourner jusqu'à ce qu'elle lâche : jamais d'éther, jamais de pince à épiler qui écrase l'abdomen, jamais de traction verticale. Désinfectez après, pas avant, et notez la date : une plaque rouge qui s'étend en anneau dans les jours ou semaines suivantes impose une consultation (maladie de Lyme). Pour une piqûre de guêpe ou d'abeille, retirez le dard en grattant latéralement et refroidissez.
Coup de chaud
Céphalées, nausées, peau rouge : mettez la personne à l'ombre, allongée, jambes surélevées, faites-la boire par petites gorgées, mouillez nuque et avant-bras, éventez. Une personne confuse, qui ne transpire plus ou perd connaissance relève de l'urgence absolue : alertez immédiatement.
Composer sa trousse de randonnée
Pochettes légères, tire-tique O'Tom, bandes cohésives et hydrocolloïdes formats talon. Comparez les poids annoncés en grammes et le contenu réel : beaucoup de kits « complets » gonflent le compte avec des dizaines de petits pansements identiques.
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Connaître les limites : alerter en montagne
Une trousse ne remplace pas une alerte. Appelez le 112 devant une chute avec perte de connaissance, une déformation de membre, une plaie profonde, une douleur thoracique, une hypothermie ou un état confus. Le 112 fonctionne dans toute l'Union européenne ; le 114 par SMS passe souvent là où l'appel échoue. En France, les secours en montagne sont assurés par le PGHM ou les CRS montagne selon les massifs, déclenchés via le 112.
Le réseau mobile est absent de nombreux fonds de vallée. Les parades : laisser un itinéraire et une heure de retour à un proche, gagner une crête pour capter, économiser la batterie en mode avion, et connaître le signal international de détresse (6 signaux par minute, sonores ou lumineux, puis une minute de pause). Un sifflet porte bien plus loin que la voix et pèse 5 g.
Au téléphone, donnez d'emblée : la position la plus précise possible (coordonnées GPS du téléphone, nom du sentier, altitude), le nombre de blessés, l'état de conscience et de respiration, la météo et la visibilité sur place.
Adapter selon la sortie
- Journée en moyenne montagne : la liste ci-dessus, sans attelle. 150 à 200 g.
- Trek de plusieurs jours ou bivouac : ajoutez une attelle malléable, une bande de crêpe, de quoi traiter une brûlure de réchaud, des pastilles de purification d'eau et un stock d'hydrocolloïdes doublé.
- Avec des enfants : pansements de petite taille, thermomètre, crème solaire haute protection. Voir pansements pour enfants.
- Course à pied et trail : version minimale de 60 g (sparadrap tissé, 2 hydrocolloïdes, 2 compresses, couverture de survie) — voir pansements et sport.
- Traitement personnel : asthme, allergie sévère, diabète — vos médicaments passent avant tout le reste, et vos compagnons doivent savoir où ils sont.
Questions fréquentes
Faut-il emporter des médicaments en randonnée ?
Un antalgique simple et un antidiarrhéique dépannent sur un trek, sur conseil de votre pharmacien et selon vos contre-indications. Sortez-les de leur boîte carton en gardant la plaquette avec le nom et la date lisibles, jamais en vrac dans un sachet non identifié.
Une trousse toute prête de randonnée vaut-elle le coup ?
Elle constitue une base correcte, mais toutes ont les mêmes défauts : trop de petits pansements, pas de tire-tique, pas de bande cohésive, sérum physiologique absent. Mieux vaut partir d'une pochette légère et la compléter soi-même.
Que faire si le pansement ne tient pas à cause de la transpiration ?
Séchez la peau à fond, laissez-la refroidir une minute et privilégiez le sparadrap tissé ou un hydrocolloïde lissé 30 secondes. En dernier recours, un tour de bande cohésive par-dessus maintient le tout sans coller à la peau.
Où ranger la trousse dans le sac ?
Dans une poche accessible sans tout vider : poche supérieure ou latérale. Une trousse au fond du sac, sous la tente, ne sert à rien au moment où un point chaud apparaît — et c'est précisément là qu'elle est utile.